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Un reportage de Richard Brodesky, membre de l'Eglise unitarienne-universaliste de Tucson, dans l'Arizona (Etats-Unis). Les photos sont de l'auteur.
J’aimerais vous raconter brièvement mon voyage en Alaska avec mon épouse, Mary. Après trois escales d'avion, nous sommes arrivés à Fairbanks dans le centre de l'Etat, pour quinze jours avec au programme la visite d'Anchorage, puis ensuite une croisière dans « l’anse de l’Alaska », la région du sud-est. Très peu de routes et de chemins de fer. A part des rues dans les villes et dans les villages, il n’y a que deux routes principales. Une ligne de chemin de fer relie Fairbanks au port de Seward (sur la côte méridionale correspondant au golfe d'Alaska)). La plupart des habitants se servent de bateaux, d'avions, de moto-neiges et de luges tirées par des chiens.
Mary, devant la pancarte indiquant la "fellowship" unitarienne-universaliste de Fairbanks. Ce terme désigne en général une congrégation qui n’a pas de pasteur ou une congrégation « débutante ». Mais il se peut que celle-ci se développe et se transforme en église sans changer de nom. La Fellowship de Fairbanks a été fondée en 1956 ; pour en savoir plus, voir le chapitre "history" de son site (lien).
Le bâtiment est situé dans une forêt et il est entouré d'une piste circulaire. La pancarte « one way » veut dire « sens unique » pour indiquer la direction de la circulation. Mais il y a aussi, ici, un jeu de mots. En anglais, « way » peut signifier la voie, la façon, la manière, le chemin ou la mode. Ainsi, a-t-on ajouté au-dessous une autre pancarte qui dit « of many » ou en français « parmi plusieurs » ; autrement dit, une direction spirituelle parmi d'autres.
La taïga autour de Fairbanks est peuplée d'épinettes, mais aussi de bouleaux et de trembles. Ces derniers arbres s'étendent de plus en plus vers le nord, preuve de l’augmentation des températures mondiales. Fairbanks est la seconde ville de l’Etat (après Anchorage). Fairbanks est entouré par des bases pour la défense nationale et la ville est le point de départ pour la route vers les puits de pétrole sur la côte arctique. Fairbanks est aussi au centre d'un désert car il n’y a que 25 cm de pluie chaque année. La végétation doit son existence à la fonte annuelle du gel permanent qui nourrit les arbres.
Fairbanks est le centre de la région des Athabasques. Ce peuple est là depuis 10 000 ans ! Ils ont pour la plupart une vie de subsistance avec chasse, pêche et cueillette de fruits (surtout des fruits rouges) et de légumes sauvages. On nous a conseillé de manger les pousses des épinettes pour la vitamine C qu'elles contiennent, sans compter d'autres vertus thérapeutiques. On était à Fairbanks au moment de la pêche aux « tchum », l'une des 5 espèces de saumon qu'il y a en Alaska, et que les Athabasques font sécher et puis fument pour leurs chiens. Le saumon fumé est un peu diffèrent de ce qu’on connait dans le monde francophone. Les Athabasques se servent des aunes (autre orthographe : aulnes) pour faire du feu et ils y jettent du jus de pomme et du sucre roux pour créer une saveur à leur goût. C’est vraiment excellent et beaucoup moins salé.
De tous les groupes humains, les Athabasques sont ceux qui vivent dans une région où les températures varient le plus. En été, on peut atteindre les 20–22 degrés C. Mais en hiver la température chute jusqu'à -40 à -50 degrés C, et ceci pendant des mois ! Dans ces conditions, on ne peut pas ensevelir les réseaux comme l’eau et le gaz et un tiers des habitants de la région ne les possèdent pas. Puisqu’il est impossible de creuser, ils envoient leurs ordures « là-bas » ; mais personne ne sait où se trouve « là-bas » !
Voici l’extérieur de l’église unitarienne-universaliste de Fairbanks. Vous pouvez voir leur goût pour la construction boisée, aussi bien que les toits très aigus afin de ne pas retenir la neige et les grandes fenêtres (celles-ci sont utiles car durant 9 mois le ciel est assez sombre). A Fairbanks, en ce début du mois de juin, il n’y avait que 30 minutes de « nuit. » Et cette « nuit » a était vraiment le crépuscule et non une nuit profonde. En complément, la photo de l'église telle qu'on peut la voir sur le site :

Près de l'église, un labyrinthe. Il n’est peut-être pas aussi beau que celui de la cathédrale de Chartres, mais à mon avis, il est plus tranquille et paisible. La forêt invite en effet à la contemplation, au ressenti des mystères, au vécu merveilleux de la condition humaine.