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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 03:28
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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 02:54

Etats-Unis--groupe-de-discussion-Unitariens-francophones.jpgLe premier groupe, "Unitariens francophones", fondé en avril 2005, est destiné aux informations et aux discussions. Les débats s'y font avec la courtosiie nécessaire et la stimulation fraternelle et dans le respect des principes ethique de l'International Council of Unitarians and Universalists (ICUU). Il comprend à ce jour 111 membres de diverses mouvances libérales. Lien


 

Ensemble-2.JPGLe second groupe, plus récent puisqu'il a été lancé au mois d'août 2010, fonctionne déjà très bien avec 19 membres à ce jour. Il est consacré aux échanges spirituels selon la pratique des "groupes spirituels" des unitariens-universalistes américains. Il est d'ailleurs intitulé ainsi, "Groupe spirituel". Il est ouvert à toutes les fois et sagesses.  Lien

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 18:12

Texte préparé par la Société religieuse des unitariens tchèques, traduit en français par Luc Schneider.


Cet emblème fut créé à la fin des années 20. Bien que ni les circonstances de sa création ni son créateur soient connus, nous savons qu’une inspiration majeure fut le sceau de Jean Amos Coménius (Ndtr: philosophe, grammairien et pédagogue tchèque né le 28 mars 1592 à Uhersky Brod, Moravie, et mort le 15 novembre 1670 à Amsterdam) :

jean_amos_comenius_sceau.JPG

Voici une autre image emblématique que Coménius utilisa dans son ouvrage Opera Didactica Omnia (1657), image qui contient également le symbole des tournesols tournés vers le soleil. Norbert Capek et les unitariens tchèques se sont inspirés de cette image puissante :

comenius_opera.JPG

 L’emblème des unitariens tchèques s’est développé en plusieurs étapes. Au début il avait une forme plus simple, constituée uniquement des tournesols, du soleil et de la terre, ainsi que des lettres S et B pour Svobodné Bratrství (Fraternité Libre), à l’origine le nom de la congrégation  unitarienne en Tchéchoslovaquie :

  S B tournesolstcheques_unitariens_logo.JPG


Voici une explication détaillée de l’emblème actuel par Václav Rubes :


“La base de l’emblème et l’écu d’azur (bleu), au centre duquel est placé un grand U de gueules (rouge) dans lequel s’élèvent deux tournesols avec des feuilles vertes et des fleurs jaunes-orange. Au milieu de la partie supérieure de l’écu se trouve un soleil d’or envoyant ses rayons de lumière vers le bas. La dévise est en Latin : “Veritas vincit” –  la vérité est victorieuse.


La signification de l’emblème des unitariens tchèques est la suivante. L’écu représente la défense des valeurs spirituelles et de tout ce qui est sacré pour nous. Le soleil, ancien symbole slave de Dieu, occupe une position dominante sur l’écu. Les tournesols sont tournés vers le soleil, absorbant ses rayons vivifiants qui leur donnent lumière et chaleur. Comme le soleil rayonne sur la terre, il entretient et nourrit les tournesols qui représentent l’humanité.


Une des fleurs est plus grande que les autres, mais n’est pour autant pas supérieure aux autres. C’est pour nous rappeler que lorsque quelqu’un est plus fort physiquement, intellectuellement ou d’une autre façon, il ou elle est obligé(e) à aider, protéger et soutenir ceux qui sont moins forts. Les plus forts et les plus faibles doivent marcher main dans la main vers un niveau d’existence plus élevé. Chaque personne est différente, originale et a sa place sur Terre. Puisque le soleil symbolique divin illumine tous de la même manière, tous les hommes sont égaux devant lui et des parties inséparables de la nature.

 

Les fleurs symbolisent la fraternité des hommes, le mariage, la collaboration et d’autres formes de relations humaines. Le soleil comme symbole de Dieu représente ce qui constitue la plus grande valeur, sagesse, beauté, vérité et justice dans la vie. Dans ce sens Dieu est la lumière et le soleil qui nourrit nos pensées, nos sentiments et notre entendement.


Les racines de notre être plongent dans la terre matricielle à la base de la lettre U, abréviation du nom de notre société religieuse. Les bras de cette lettre sont comme des piliers protecteurs pour les tournesols, symbolisant ainsi l’abri spirituel, la protection et la défense offerts par l’Eglise unitarienne. La symmétrie de la lettre U représente l’harmonie, la paix et la justice.


L’or est la couleur du soleil qui donne et entretient la Vie sur Terre. L’orange est la couleur de l’énergie et de l’optimisme dans la vie. Le vert exprime l’espoir, la plénitude et la générosité. Le rouge symbolise la chaleur, la don de soi-même et le courage. Le bleu la couleur du ciel, de la paix et de la responsabilité.”


Quand vous rencontrez des difficultés dans la vie, regardez cet emblème et songez à sa signification, en particulier à la chaleur et l’énergie qui proviennent du soleil. Qu’elles réchauffent votre âme.

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 09:50

Pasteur suisse, Charles Rittmeyer (1918-2002) a mené une réflexion personnelle et atypique qui lui a valu d’être exclu de son Eglise. Les unitariens français lui ont consacré plusieurs articles et sont en relation avec ses amis, lesquels sont groupés autour de la revue « Evoluer » (lien)


Charles-H.-Rittemeyer.jpgDans les Actualités unitariennes :

deux articles du 18 décembre 2007

« Lectures d’un pasteur solitaire dans le jura suisse : Charles Rittmeyer » (lien)
« Charles Rittmeyer (1918 - 11 octobre 2002), un pasteur non conformiste de l’Eglise du canton de Vaud » (lien)


Dans les Cahiers Michel Servet

le n° 13 (juin 2010) « Les inspirés pas toujours compris » (lien)
« Un pasteur mis hors de l’Eglise évangélique du canton de Vaux », par Robert Nicole (pp. 5-8)
« Tout d’abord, la méthode », par Jacques Bovet (pp. 9-13)
suivi d’une bibliographie du Fonds de soutien des activités du pasteur Rittmeyer (FAR), pp. 13-14


Dans la Correspondance unitarienne
« Eloge funèbre sans prêtre ni pasteur », par Robert Nicole, article à la Une du n° 104, juin 2010, mis en ligne sur le site de l’Eglise unitarienne francophone

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 13:00

Actualités unitariennes,

rubrique « à propos de Michel Servet », 25 articles, lien 

La Besace des unitariens
rubrique « (hist.) SERVET Miguel », 36 articles, lien

rubrique « les témoins de Jéhovah », lien 

articles :


« Michel Servet, seul dans sa quête de la vérité » (16 juin 2007), lien  

« Michel Servet, vu par Albert Monot » (16 juin 2007), lien

« Michel Servet et Jean Denck » (15 juin 2007), lien

« Ecrits des témoins de Jéhovah sur Michel Servet » (15 juin 2007), lien

« Michel Servet dans les écrits de Charles Taze Russell et des témoins de Jéhovah » (10 juin 2007), lien

« Michel Servet sur le blog de Yannick » (10 avril 2007), lien

« Les témoins de Jéhovah sont anti-trinitaires » (9 avril 2007), lien

« Charles Russel et Michel Servet » (l9 avril 2007), lien

« bibliographie historique XV-XVII° siècles des témoins de Jéhovah » (9 avril 2007), lien


Eglise unitarienne francophone (EUfr),

rubrique « la bibliothèque de l’EUfr », lien
article : « Michel Servet anabaptiste » (le 28 mai 2010), lien


Unitariens (site de Didier Le Roux), lien

« Michael Servetus (1509 ou 1511 - 27 octobre 1553) », lien ; voir aussi dans les textes, les documents suivants : « Les lettres de Servet Michel en prison », "Le procès de Michel Servet », « La question Michel Servet par Bouvier Claude », « Servet Michel dans "History of the christian church" de P. Schaff », « Servet Michel  par l'Abbé d'Artigny », « De tribus Impostoribus / Les trois imposteurs : Michel Servet en était-il l'auteur ?".

Liberté de croyance (site de Fabien Girard), «Blog consacré à la liberté de croyance et l'antitrinitarisme autour de Michel Servet et Sébastien Castellion », lien


Unitariens français
rubrique « les récapitulatifs », lien
"Michel Servet sur les sites francophones", lien
Voir aussi le « colloque international à Saluzzo (mai 2010) sur Giorgio Biandrata » (6 juin 2010), lien

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 16:44

hohokam

 

La rivière Gila est un affluent du Colorado, long de 1014 km, dans le Sud-Ouest des Etats-Unis et dans la partie méridionale de l’Arizona. Cette rivière a servi de frontière d’avec le Mexique, depuis le traité de Guadalupe Hidalgo en 1848 qui a mis fin à la guerre américano-mexicaine (laquelle rapporte aux Etats-Unis l'annexion du Texas, de l'Utah, du Colorado, d'une partie de l'Arizona et de la Californie ... quelques semaines avant la découverte de fabuleux gisement d'or dans cette dernière région !) jusqu’à la transaction en 1853 connue sous le nom d'Achat Gadsden où les Etats-Unis acquièrent la région de Tucson, au sud de cette rivière, dans le cadre d’un projet de chemin de fer (qui finalement ne se réalisa pas).

Le bassin de cette importante rivière a accueilli une civilisation amérindienne du IIIe siècle av. J.-C. à environ 1400 de notre ère, qui a su y développer une agriculture avec irrigation et de nombreuses cultures (tabac, agave *, maïs, haricots et courges). Entre 300 et 500, les Hohokams améliorent leur agriculture par l'ajout de nouvelles plantes, sans doute transmises par les peuples du Mexique : coton (lequel était tissé), une nouvelle espèce de haricots, plus résistante à l'aridité (Phaseolus acutifolius).

* l'agave est une plante aux feuilles vases et charnues, très décoratives, dont le suc donne une boisson fermentée et les feuilles des fibres textiles.

 

A leur actif aussi : la taille et la sculpture de la pierre (pour des récipients), des poteries et de la céramique. Ils utilisaient des figurines d'argile et de l'encens dans les cérémonies rituelles et incinéraient leurs morts (les restes étaient placés dans des tombes ou dans des urnes). Cette civilisation agraire était en contact avec les peuples d'Amérique centrale grâce aux routes commerciales : ont été retrouvés des miroirs en pyrite, des clochettes de cuivre et des aras provenant du Mexique.

Etudiée par l’archéologue Harold S. Gladwin, elle est connue sous le nom de « hohokam » (ce qui signifie « ceux qui ont disparu »). On pense que la culture hohokam est née dans la région de la Gila River et de la Salt River puis s'est diffusée plus au sud vers le désert de Sonora. Elle présente des similitudes avec celle des Anasazis (plus au nord) et des Mogollons (plus à l’est et au sud-est), qui ont existé à la même époque et dans la même région. L'un de ses domaines agricoles, la « Casa grande » (au sud de Phoenix), datée de 1350, abandonnée vers 1450, fut visité à l’état de ruines par le padre Eusebio Francisco Kino en 1694, puis classé depuis comme site archéologique (en 1892) et comme monument national des Etats-Unis (1918) : il reste l’une des maisons à étages en adobe ; le village était entouré de remparts. Le déclin des Hohokams serait lié à des inondations qui, au milieu du XIVème siècle, auraient mis à mal leur système d’irrigation.

Leurs descendants directs seraient les Pimas (du côté de Phoenix, la capitale de l’Arizona) et, plus au sud, les Tohono O'odham (dont la réserve est à l’ouest de Tucson, dans le désert du Sonora).

Pour en savoir plus

 

"Hohokam", encycolédie Wikipedia, version française (lien )
 
1988 - The Salt River Pima-Maricopa Indians, par John Myers et Robert Gryder, ed. Life's Reflections, Inc.,
1993 - Les Anasazis : les premiers Indiens du Sud-Ouest américain, par Jerry Brody, Aix-en-Provence, Edisud,
2002 - Go West ! Histoire de l'Ouest américain d'hier à aujourd'hui, par Philippe Jacquin et Daniel Royot, Paris, Flammarion,

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 16:24

suite de l'article précédent


Tout près de Tucson (Arizona) où je vis, se trouve la réserve des Tohono O’odham, peuple indigène qui habite dans la région du désert Sonora. Il est difficile de spécifier leur nombre exact mais on pense qu’ils sont environ 30 000 dans l’Arizona et l’Etat du Sonora contigu au Mexique. La frontière passe à travers leur réserve et parce qu’elle est tout a fait artificielle, le traité de Guadalupe Hidalgo en 1848 a donné le droit aux Tohono O’odham de passer librement entre les deux pays, mais à cause de la lutte actuelle des Etats-Unis contre les migrations illégales, on a fermé la frontière, séparant ainsi les membres de la tribu ; ce qui entraîne de vives protestations.


En général, les Tohono O’odham sont des fermiers et des ranchers. Ils sont très bien adaptés à la vie au désert. Antérieurement, ils cueillaient des fruits et légumes sauvages et ils avaient un système de « deux villages » : un village d’hiver dans la vallée et un village d’été plus haut dans les montagnes, ce qui leur a permis d’élever des bétails.


Depuis une vingtaine d’années, les Tohono O’odham ont le droit, comme toutes les autres tribus amérindiennes, de gérer les casinos. Avec cette manne financière, ils ont pu acheter leur service d’eau, de gaz, de l’électricité et de téléphone. Ils ont construit une faculté et ils donnent des bourses généreuses leurs jeunes.


La langue des Tohono O’odham est assez répandue et elle est presque la même que celle des Tohono Akimel qui habitent plus près de Phoenix, capitale de l’Arizona. De toutes les langues indigènes parlées aux Etats-Unis, l’O’odham est la dixième.

 

sanxavierdelbac.jpgSan Xavier del Bac, mission jésuite espagnole vers 1700 dans la vallée Santa Cruz,

à quelques kilomètres au sud de Tucson


Autrefois on appelait les Tohono O’odham les « Papagos » et les Tohono Akimel ont été les « Pimas ». Au XVIe siècle, les Espagnols ont utilisé l'ethnonyme « les Pimas » pour désigner les premiers Amérindiens de cette région laquelle fut dénommée la
"Pimería alta". Ensuite les Pimas leur ont décrit leurs « cousins » plus au sud en employant le mot « Papahvi-o-otam » pour les désigner et on a simplifié ce mot composé pour donner le nom « Papago ». Or c’était là une mauvaise blague parce que Papahvi-o-otam  veut dire « ceux qui mangent des haricots tepiari », autrement dit, des gens pauvres et incultes. Cette tendance continue même aujourd’hui parce que, dans l’espagnol parlé de Tucson, il y a l’expression « tan estupido como un Pápago. » (aussi stupide qu’un Papago !). Enfin, pour mettre fin à cette dérision, les Papagos ont repris leur ancien nom, Tohono O’odham qui veut dire « peuple du désert », et ensuite les Pimas sont devenus les Tohono Akimel ou le « peuple du fleuve » parce qu’ils habitent dans la vallées du fleuve Gila.


Ndlr – il existe aussi, dans cette même région de Tucson, un autre groupe, les Yaqui (lien )

à suivre ...

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 15:17

suite de l'article précédent ...

 

Par leur manière de vivre et de penser, ces Amérindiens n’ont pas été sans influencer la mentalité des Tucsonans d’aujourd’hui. Un grand nombre de mes co-citadins voient en effet le monde différemment de la plupart des autres Américains.

 

cas_grande_reconstitution.jpgCasa Grande (1350-1450) : reconstitution du site archéologique


L’harmonie entre la personne et le monde naturel est pour eux essentielle. Les Tohono O’odham réussissent à vivre dans un désert depuis des milliers d’années. Ils savent qu’il faut respecter l’équilibre entre les pluies douces d’hiver et les orages de été, et ils pensent que ce modèle est la réalisation extérieure de ce qui doit se passer à l’intérieur de chaque personne vis-à-vis d’elle-même et vis-à-vis de son environnent. Tout est vivant et organique ; par exemple, un Tohono O’odham m’a fait remarquer un jour que notre idéal, où chacun a sa propre maison sur son petit terrain n’a aucune signification pour eux : il est aussi inutile de diviser la terre que de couper l’air en petits morceaux.


Ils utilisent des systèmes de mesure pour des problèmes quotidiens ; mais sur leur terre et entre eux, ils emploient un système de temps-espace qui correspond aux idées que nous proposent les physiciens théoriciens de ces dernières années et à la façon d’envisager le monde qu’on observe chez beaucoup d’aveugles quand ils font leurs activités quotidiennes comme le ménage ou les courses.

 

Tucson_Tohono-O-odham_panier_monde.pnglogo de la Tohono O’odham Community Action (TOCA)


Ils font preuve d’un esprit poétique. La chanson poétique est, chez eux, la forme littéraire la plus respectée. A cause de leur culture, ils ont souvent du mal à entrer dans le monde typiquement américain. Par exemple, tout ce qui provient de la formation cartésienne dans notre système d’enseignement comme les mathématiques ou les discours et d’une façon générale là où il faut établir des comparaisons ou encore diviser, classer et définir.

à suivre ...

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 14:46

suite de l'article précédent


Peu de temps après mon arrivée à Tucson en 1978, je fus accablé de problèmes. Ma femme était tombée gravement malade et nous avions la charge de deux jeunes enfants. En plus, je faisais un cours supplémentaire (j’étais professeur d’anglais) pour gagner un peu plus, mais un de mes collègues a décidé de partir faire un stage ailleurs et, au dernier moment, on a du diviser ses cours. L’année scolaire a commencé et je me suis retrouvé avec sept classes différentes ! Ma femme et moi, nous étions très loin de notre famille d’origine et il n’y avait pas assez de temps pour se faire des amis. Par conséquent, je me noyais.

 

Une collègue Tohono o’odham est venue me voir dans mon bureau afin d’évaluer le progrès de tous mes étudiants amérindiens. On ne se connaissait pas très bien, mais entre nous, il y avait une sympathie tout à fait naturelle. Elle a observé que étais très stressé et elle m’a dit avec une très grande délicatesse que je devais en parler au Frère aîné, I’itoi. Elle m’a conseillé de me promener dans le désert, de m’asseoir en face d’un cactus saguaro (cactus gigantesque) avec qui je me sentirai lié par un rapport naturel et de lui en parler. Etais-je si désemparé, si désespéré ? J’ai suivi ses conseils et c’est de cette façon que j’ai fait la connaissance de I’itoi, le frère aîné des Tohono o’odham et des Tohono akimel, celui qui protège et, souvent paraît-il, taquine son peuple !


En ce temps là, la terre restait inachevée. L’obscurité s’allongeait sur l’eau, s’accouplant avec elle tout le temps. Les deux faisaient un bruit qui ressemblait au clapotis qu’on entend sur la berge d’un étang. Et sur l’eau, dans l’ombre, dans ce bruit continu, et sous un vent fort, un enfant naquit. Un jour, il se leva et trouva des algues collées à sa peau. Il prit un peu de ces algues et en fit des termites. Les termites cueillirent beaucoup d’algues que l’enfant confectionna pour en faire un siège que le vent ne puisse soulever. Il se mit sur le siège et chanta : "Je suis l’Homme médecin de la terre qui termine son travail / Approche-toi et vois-là ce que je fais"


Ensuite, le Premier (= l’enfant) créa les animaux et les plantes. Mais il n’y avait pas encore de lumière si bien que les premiers gens se réunirent et demandèrent à l’Homme médecin de la terre de faire quelque chose pour que les gens puissent se voir et vivre heureusement ensemble. Le Premier créa quelque chose et il demanda aux gens de le nommer. Ils dirent, « C’est le soleil. ». Et puis il fit la lune et les étoiles et leurs suites. Il créa les figues de barbarie et dit que le peuple serait ainsi toujours content.


Et le Premier partit. Le ciel descendit et rencontra la terre et la première personne qui descendit fut I’itoi, notre frère aîné. Le ciel rencontra la terre et le coyote apparut. Encore une fois, le ciel rencontra la terre et la buse se présenta. Le Frère aîné et le coyote commencèrent leur travail de création. I’itoi fit des gens avec de l’argile, mais l’argile ne s’harmonisa guère avec l’eau qu’il y avait sous la terre et le Frère aîné amena son peuple à l’air libre, au travers d'une crevasse. Ils sortirent donc des entrailles de la terre et atterrirent sur la montagne Baboquivari [ndlr = pic montagneux du côté de Sells, au sud-ouest de Tucson], nombril de notre monde. I’itoi leur dit qu’il leur donnera la meilleure des terres et des couchers de soleil rouge. Il leur ordonna de rester là sur leur terre, au centre de tout.

 

ROY acrylic Sunset Over Baboquivari

le Baboquivari (2356 m), montagne sainte des Tohono O'odham, acrylique de Roy (lien)

 

Cette histoire nous apprend beaucoup. D’abord l’acte créateur dépend du son. Quand quelque chose se fait, on dit un nom ou on chante. Voila le pouvoir transformateur du son.


Quoique ce monde soit beau et parfait pour le peuple, il y a néanmoins d’autres aspects nécessaires pour l’équilibre. Le coyote représente une énergie de tricheur ou de l’ombre si on utilise les termes jungiens. Cette tendance correspond bien au symbolisme du renard dans le Roman de renard. Et la buse, grand oiseau noir qui se nourrit de cadavres correspond à la dissolution de la vie. Alors si I’itoi crée un monde parfait, cette perfection comprend un mélange dynamique de diverses tendances.


Et puis la route n’est pas tout à fait directe. Le peuple se trouve créé dans un monde aquatique et souterrain où il a du mal à se tirer d’affaire. Puis il lui faut monter vers le ciel, passer par un trou, se voir au sommet d’une montagne et enfin descendre. A chaque étape il y a des défis à surmonter et on ne voit jamais où chaque étape va aboutir. Mais la fin est heureuse !

  à suivre ...

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 14:31

suite et fin de l'article précédent


I’itoi vit  toujours dans l’une des cavernes juste au-dessous du sommet de la montagne Baboquivari. Il s’ensuit qu’il est toujours disponible à son peuple. Mais les leçons qu’il faut apprendre de cette histoire de la Création se trouve dans le symbole de l’homme au labyrinthe.


On y voit le corps d’un homme, en haut et à l’entrée d’un labyrinthe dont les lignes forment le plan de sa maison. Le corps représente chaque personne. Les lignes du labyrinthe sont la route de chaque personne. On suit la piste mais à chaque tour, comme dans l’histoire de la Création, on ne peut pas voir ce qui va se passer prochainement. Il faut donc avoir du courage et être bien équilibré pour continuer. On arrive à la fin, indiquée par la grande tache de noir ou de couleur au centre. A ce moment, on a l’occasion de revoir sa vie et puis on passe à la mort qui est inconnue mais positive. Selon la tradition, la mort n’est pas une fin mais un nouveau commencement.


tucson_san_xavier_del_bac_1.JPGPour beaucoup d’entre nous qui habitons ici dans la vallée de la rivière Santa Cruz, cette histoire garde toujours une grande puissance. Elle nous donne de la force et de la confiance pour confronter les incertitudes et les mystères de la vie. En effet, cette histoire nous enseigne que si on vit correctement, on vivra au milieu d’un mystère continuel, qu’il nous est souvent difficile à comprendre, mais au fond bienfaisant.

 

Le labyrinthe mythique dessiné au-dessus d'une porte à l'intérieur de la mission San Xavier del Bac (au sud de Tucson).


Quoique la plupart des Tohono o’odham soient catholiques, ils gardent la vénération du Frère aîné dans leur pratiques spirituelles. On voit souvent des autocollants de l’homme au labyrinthe chez des gens et sur les vitres des voitures. On porte des blasons avec ce symbole et on peut le voir également à San Xavier del Bac, mission actuellement franciscaine, fondée par un Jésuite au XVIIe siècle (le bâtiment date de la fin du XVIIIe).


En ce moment, en juin, chaque année les Tohono o’odham préparent la récolte des fruits des saguaros, des cactus gigantesques de la région. Ils en font du vin pour offrir au Frère aîné avec des chansons pour « que la pluie tombe sur la terre. » En chantant, le peuple s’approche du Frère aîné et le devient. Grâce à eux, à lui et à tous ces efforts, on reçoit les orages d’été qui renouvellent toute la vie.

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